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Nous l'annoncions depuis nos tout débuts en tant que structure éditrice et il était en chantier depuis 2010. Vous pouvez dès maintenant acheter nos deux premiers numeros et en consulter des extraits en cliquant ici.

Qu’est-ce que Le Laboratoire ?

Revue faite par des chercheurs, des expérimentateurs, des défricheurs, mais également de fins observateurs, des analystes, des praticiens mais aussi des théoriciens, Le Laboratoire traitera aussi bien de littérature contemporaine et d’arts plastiques, qu’il abordera des questions philosophiques, évoluant dans la sphère de ce que l’on appelle les sciences humaines et pouvant déborder ponctuellement – pourquoi pas ? au contraire ! – dans celle des sciences dites exactes.

Une revue faite par des chercheurs donc, pour les chercheurs, mais pas seulement ; elle s’adressera aussi à ceux qui sont curieux de leur époque, de ce qu’elle porte déjà comme fruits mais peut-être davantage de ce qu’elle est en train de semer comme graines ; de ce qui est en germe en elle. Une revue « spécialisée » dont certains articles pourront être « pointus » mais dont d’autres seront davantage dans la vulgarisation – ou plutôt dans l’initiation…

Une revue qui fera régulièrement un point, non exhaustif (et non le point), sur l’état des recherches dans les domaines déjà évoqués et sur les explorations, les expériences en cours.

Intérêt de lancer une nouvelle revue dans un paysage éditorial déjà fourni voire encombré.

Ceux qui viennent de découvrir notre revue ont tout de suite perçu sa nouveauté, pour ne pas dire son originalité, elle est dans sa ligne éditoriale : les revues littéraires, cela existe déjà, les revue d’art, les revues scientifiques etc. cela ne manque pas non plus, et on ne compte plus celles qui mêlent littérature et art ; mais une revue traitant aussi bien de littérature et d’arts plastiques que de philosophie et de sciences, et qui, mieux que cela, aborde les premiers sous l’angle de la recherche et de l’expérimentation sinon, justement, de la science, cela ne court pas encore les rayons des librairies… ni même ceux des bibliothèques, fussent-elles universitaires. Or c’est précisément à un décloisonnement que nous voudrions aboutir. Nous voudrions montrer qu’il n’y a plus lieu à notre époque d’opposer art, ou littérature, ou philosophie… et science ; que les premiers peuvent, au même titre que cette dernière, être des moyens de connaissance. Une œuvre artistique, littéraire, philosophique, scientifique est susceptible de nous intéresser dès lors qu’elle nous semble représentative de l’époque actuelle. Chaque contributeur, dans son domaine de compétences, doit mettre le doigt sur une de ses particularités et nous la révéler. Pour peu que notre contributeur nous révèle quelque chose d’essentiel, de particulièrement caractéristique de ce début de millénaire, il peut même alors anticiper sur l’époque suivante et de témoin de son temps passer au statut de visionnaire, de précurseur.

C’est pourquoi il nous paraît souhaitable que le décloisonnement que nous visons et dont je parlais s’opère à l’intérieur même de la contribution et qu’il n’existera pas de parties ou de sections Arts plastiques, Littérature, Philosophie, Sociologie etc. dans notre revue. La production d’un écrivain, d’un poète, d’un plasticien, exemplifiée, explicitée dans sa contribution, aura d’autant plus de valeur à nos yeux qu’elle aura un intérêt sociologique, qu’elle amènera à une réflexion d’ordre philosophique ; l’article d’un philosophe nous intéressera dans la mesure où le sujet traité aura un évident aspect sociologique ; celui d’un sociologue par sa dimension philosophique ; et l’œuvre ou la contribution des uns et des autres correspondra d’autant plus à notre ligne que son auteur évoquera (ou exploitera) les technologiques actuelles et/ou se montrera au fait des connaissances actuelles en matière de recherche scientifique.

Ce sont évidemment mes propres recherches qui m’ont amené à définir cette ligne éditoriale. Chercheur en sciences humaines, « formé » à l’UFR des Sciences de l’Art de l’Université de Paris 1 (Panthéon-Sorbonne), j’ai pu constater en étudiant le « processus de création » qu’il n’existe au fond pas une grande différence entre un peintre, un poète, un philosophe et un physicien ou un mathématicien. L’un, devant sa toile, quand il assemble des couleurs, l’autre, quand il assemble des mots, cet autre encore, quand il peaufine un concept, et cet autre avec ses calculs, ses théorèmes ou ses formules, sont des créateurs. Les résultats et les conclusions auxquels arrivent le physicien et le mathématicien ne sont pas entièrement dus aux calculs, ou disons que l’intuition et l’imagination occupent une certaine part dans leurs calculs. L’imagerie médicale (IRM, scanner) nous montre aujourd’hui que tout ne se résume pas à une simple opposition cerveau gauche/cerveau droit et que les choses sont un peu plus compliquées que cela. Ainsi Einstein est-il beaucoup plus… poète qu’on ne le croit…

Perrin Grimard.

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